Le lundi 24 septembre 1984, vers 9h15, Claude JEANMART, agent de quartier au sein de la Police communale d'Arsimont, assure le contrôle des cartes de chômage dans un local aménagé au sein de l'ancienne maison communale d'Arsimont, aujourd'hui section de Sambreville, en province de Namur.
Alors que quatre demandeurs d'emploi se trouvent déjà dans le bâtiment, Jean-Jacques BRUYR, un habitant de la localité également sans emploi, pénètre dans les lieux. Après avoir fait estampiller sa carte de chômage, il sort soudainement un revolver de calibre .22 et ouvre le feu sur le policier, sans qu'aucun échange verbal ne précède son geste. Les cinq cartouches que contient l'arme sont tirées. Quatre projectiles atteignent Claude JEANMART, notamment au poignet, à la clavicule, dans la région du cœur et à l'omoplate. Malgré ses blessures, le policier tente encore de s'échapper et d'atteindre son arme. Grièvement touché, il est transporté à l'hôpital local, où il décède peu après son admission.
Le drame survient alors que Claude JEANMART s'était marié moins d'un mois auparavant et que son épouse attendait un enfant.
Après les faits, le meurtrier abandonne son arme et prend la fuite à motocyclette. D'importantes recherches sont entreprises, mobilisant notamment la Gendarmerie de Sambreville et plusieurs gardes champêtres des communes environnantes. BRUYR est finalement retrouvé dans un café situé en face du commissariat de police. Il est interpellé sans opposer de résistance.
L'enquête établit que l'auteur, ancien opérateur informatique au chômage depuis 1979, nourrit une profonde rancœur envers les institutions publiques, qu'il tient pour responsables de sa situation personnelle. Lors de ses interrogatoires, il explique avoir volontairement choisi de s'en prendre à un policier, qu'il considère comme un représentant de l'État. Claude JEANMART ne faisait pourtant l'objet d'aucune animosité personnelle de sa part et n'avait jamais eu de différend avec lui. BRUYR reconnaît avoir agi dans un moment de désespoir et de ressentiment.
Le procès s'ouvre devant la Cour d'assises de Namur en mai 1986. Malgré le refus de l'accusé de collaborer pleinement à l'instruction et de se soumettre aux examens psychiatriques, les experts le considèrent comme pénalement responsable de ses actes. Le 28 mai 1986, Jean-Jacques BRUYR est reconnu coupable du meurtre de Claude JEANMART et condamné à la peine de mort, alors que le ministère public avait requis les travaux forcés à perpétuité.
Ce premier arrêt est toutefois cassé en raison d'un vice de procédure survenu lors des délibérations du jury. Un nouveau procès s'ouvre en janvier 1987 devant la Cour d'assises du Luxembourg. Le 14 janvier, après près d'une heure et demie de délibération, les jurés reconnaissent une nouvelle fois Jean-Jacques BRUYR coupable du meurtre de Claude JEANMART. Le ministère public requiert alors les travaux forcés à perpétuité.
- "Werkloze schiet politieman dood", Gazet van Antwerpen, 25/09/1984, Consulter
- "Doder van Arsimont handelde uit work", Gazet van Antwerpen, 26/09/1984, Consulter
- "Bruyr wil niet meewerken", Gazet van Antwerpen, 27/05/1986, Consulter
- "Bruyr ook ontevreden over psychiater", Gazet van Antwerpen, 28/05/1986, Consulter
- "Bruyr veroordeeld tot de doodstraf", Gazet van Antwerpen, 29/05/1986, Consulter
- "Het laat Bruyr volkomen koud", Gazet van Antwerpen, 13/01/1987, Consulter
- "Bruyr schuldig aan moord", Gazet van Antwerpen, 15/01/1987, Consulter
- "Une longue liste Depuis janvier 1980, pas moins de 17 membres des forces de l'ordre, policiers communaux ou gendarmes, ont été abattus en service par des truands", La Nouvelle Gazette, 08/06/1993, Consulter
24/9/1984
Criminelle
Police communale
Arsimont
Arsimont (Namur)